PATANJALI

 

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Introduction

 

Première partie

 

Deuxième partie

Extraits des Sûtras

Quelques regroupements...

Quelques Notes

 

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Notes

 II. S 6   -   II. S 9   -   II. S 17

 

II. S 6

 – L'Ahimsa : ne pas nuire! Aux quatre règnes!

 Enoncés poétiquement :

1 - Le minéral attend!

2 - Le végétal espère (en se tournant vers la lumière),

3 - L'animal réagit (instinct de survie),

4 - L'être humain réfléchit, puis agit! (il faut être optimiste!)

 

            Les sûtras ne traitent pas que d'abstractions philosophiques, ils tranchent dans le vif! S'appliquent en tous lieux, tous temps…

 

1 – Respect de la terre, de sa splendeur – protections nécessaires pour éviter la fonte de la banquise, la souillure des océans, des cours d'eau…

2 – Respect et protection du végétal – déforestations, pesticides…

3 – Respect et protection du monde animal – les maltraitances…

De l'écologie avant l'heure? ou c'est nous qui sommes en retard?

4 – Respect de l'être humain ! – une civilisation s'apprécie à la protection qu'elle accorde aux plus fragiles : respect des enfants, des femmes, des vieillards…

Bien avant les "Droits de l'homme"…

 

            Prendre la route avec les sûtras sous le bras n'est pas une sinécure, nous sommes "bousculés", plus d'aveuglement protecteur, les choses sont là, premier champ d'expérience, d'Eveil de la conscience…

– Ne prenons-nous/ne consommons-nous pas trop?

– Ne polluons-nous pas trop? Ces vacances à l'autre bout du monde? par avion…

 

La loi d'interdépendance, la deuxième rappelez-vous, nous avertit : massacrer, détruire les équilibres nous condamne à plus ou moins long terme, si nous demeurons obtus, restons sourds aux signaux de détresse des différents secteurs menacés.

Que pouvons-nous améliorer dans notre mode de vie pour participer plus intelligemment à l'évolution de nous-mêmes, des autres, de notre planète bleue… pour apporter dans cette fantastique aventure dont nous sommes un élément, si minuscule soit-il, notre petit caillou, un peu de lumière dans l'obscurité de la souffrance…

            Finie l'ignorance bienheureuse! Nous sommes, même à notre niveau infime, "responsables" de nos pensées, de nos actes…

 

 

II. S 9

 

– RECTIFICATION de l'erreur courante qui limite Brahmâchârya à l'abstinence!

 

            I – Bramacharia ou la "Conduite adaptée à la recherche de Brahman".

 

            1) Brahman : Absolu immuable, réalité suprême, non-dualiste du Vedânta.

            A ne pas confondre avec Brahmâ, première divinité de la Trimûrti. La trinité hindoue comprenant Brahmâ, Vishnu et Shiva.

            Que dans son abstraction, l'idée de Conscience absolue est inconcevable rationnellement et que seule l'expérience vécue permet d'entrevoir "Cela", qui ne peut être décrit. Brahman! Impensable vibration… Lumière infinie…

Qu'il nous faut "trahir" toutefois en usant de mots pour l'évoquer, communiquer. A nous, ensuite, de percevoir sa véritable nature en en faisant l'expérience!

 

II – Les activités menées à leur perfection ouvrent l'être à la Lumière.

 

La perfection grande consommatrice de temps et d'énergie oblige à ne pas s'éparpiller si l'on veut des résultats.

            Il s'agit donc, en dehors des obligations de la vie courante de trouver un Chemin d'épanouissement, de dépassement correspondant à notre état de conscience actuel, à travers une profession, une activité qui nous attire, la recherche spirituelle...

 

Toutes nos activités nous donnent des occasions de dépassement de nous-mêmes.

Dés que l'on tend vers la perfection, l'atteinte de celle-ci nous ouvre un court instant à un état apaisé, lumineux, de réconciliation avec nous-mêmes, de retrouvailles avec espace connu, sécurisé, sécurisant! L'Infini !

Alors pourquoi chercher ailleurs ?

 

Vous doutez? Mais si! Observez-vous! Pas de fausse humilité, nous vivons tous ces moments que la Voie spirituelle ne fait qu'organiser, amplifier, multiplier…

L'œuvre, le travail "bien fait" portent en eux au dernier instant de créativité un "sas" de plénitude, une détente, un accord avec soi-même pendant une fraction de temps où l'Infini s'engouffre, nous pénètre même si l'on n'en est pas toujours conscient, mais qui laisse en nous une trace lumineuse qui nous transforme, de nos cellules à notre "âme"…

 Ce qui constitue, la "Conduite adaptée à la recherche de Brahman" car la perfection inclut la non-nuisance, elle s'édifie sur la réalité des choses et par son équilibre crée l'harmonie dont elle est l'expression!

 

III – Où, comment situer l'activité sexuelle!

 

Qui ne mérite ni tant d'opprobre! ni tant d'honneurs incongrus! et qui, comme les autres activités "dans sa perfection" devient elle aussi, un acte sacré, "initiatique".

            L'habitude (dans les traductions) de limiter Brahmacharia à l'abstinence sexuelle se révèle nuisible à la compréhension de ce sûtra, comme à son explication.

1 – De l'abstinence qui, imposée prématurément s'avère toujours détestable et dangereuse, car vécue comme une "contrainte" qui toujours, finit par céder ou donner lieu à des transferts malsains vers d'autres activités qu'ils dégradent, pervertissent.

 

2 – A l'abstinence résultat, aboutissement d'expériences faisant apparaître elle, de façon évidente, ses avantages libérateurs et stabilisants de l'être établi dans un équilibre harmonieux, serein, dégagé des remous émotionnels.

 

 

 

Il est certain qu'avant que l'activité sexuelle ne s'inscrive comme un "état de liberté", il faut avoir exploré, expérimenté avec lucidité le phénomène.

            L'acte sexuel, premier pas inconscient vers la "méditation" peut dans sa "perfection" préparer aux états de conscience supérieurs.

(Comme Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, l'être humain à travers l'acte sexuel franchit inconsciemment les étapes du Samâdhi avec germe (l'être aimé) au Samâdhi sans germe dans la fulgurance de l'énergie orgasmique qui explose les limites, les formes et en cela accède à l'Infini une fraction de seconde qui rend nostalgique et induit la quête inextinguible qui précipite les êtres dans la multiplicité des amours susceptibles à chaque fois de renouveler l'instant Ineffable…)

 

IV– De l'usage de "Samyama" appliqué à l'activité sexuelle !

            Samyama, le processus de la méditation se compose des trois phases que l'on peut appliquer à toutes les activités si humbles soient-elles afin que, menées à bien, elles nous procurent un état de plénitude apaisante, qui inconsciemment, fugacement, nous relie à l'Infini.

            La procédure on le sait consiste à porter l'attention sur :

1 – "un" seul objet/concept,

2 – que nous observons, analysons, discriminons,

3 – pour, dans l'intensité de l'étude "fusionner" avec…

 

            Nous reconnaissons dans le déroulement du phénomène le cas qui nous intéresse : le processus "amoureux"!

"Un seul être nous manque et tout est dépeuplé" dit le poète…

            En conséquence il nous faut découvrir :

A – cet Autre "inspirant", le Seul !

B – d'un intérêt tel…

C – que renonçant au "Je", l'on s'abolit dans la fusion/Samâdhi, renonçant à la dualité "Toi, Moi" qui  devient UN, l'immensité de l'amour…

 

            Précisons encore, examinons les "ingrédients nécessaires" :

1 – "Une" personne qui nous met dans un état heureux, émerveillé, délicieusement ému, qui nous déstabilise dès son évocation, sa vue…

2 – "état" nécessaire pour, n'étant pas focalisé sur nous-mêmes, ce soit cet Autre qui occupe toutes nos pensées, notre horizon, notre Univers, le meilleur dans le plaisir éprouvé, comme dans l'horreur dans la perspective de la perte…

3 – cette fragilité appelant le besoin de le/la voir, de le/la toucher, l'embrasser, de se fondre dans l'étreinte, d'avoir l'impression à travers Elle/Lui "d'embrasser, de posséder l'Infini"!

            Ce qui facilite "l'Abandon" nécessaire pour que le flux énergétique libéré momentanément des contraintes mentales (désirs/peurs) jaillisse… dans un orgasme vertigineux, révélateur de potentialités inouïes qui nous emportent vers des états impensables, spacieux, lumineux, inconcevables, trop fugaces, incontrôlables… puis c'est le retour "ici-bas" avec dans notre mémoire, dans nos cellules, des traces de cette beauté, de cette splendeur entrevue…

 

  L'Acte sexuel dans sa perfection constitue "un acte libérateur" dans la mesure où il nous fait découvrir nos potentialités, nos capacités de dépassement, d'accession à d'autres plans de conscience, quand les trois niveaux (intellect, affectif, physique) de l'être participent, fusionnent, préfigurant dans leur union fugace l'ouverture qui plus tard, élargie encore, initiera la Libération ultime.

 

V – Que faire? méthodologie!

 

--- La Note figure en entier dans la deuxième Partie : "Patanjali - Les Yoga-Sûtras" ---

 

 

II. S 17  

Asana "La posture doit être stable, confortable".

 

– Shavasana –

"Padmâsana" la posture du Lotus, voire plus accessible Siddhâsana (assise en tailleur) dites dans le Hatha-Yoga particulièrement adaptées à l'état de méditation, posent des questions dès que l'on veut pratiquer la méditation.

  La méditation implique le passage progressif de l'attention de la conscience du plan matériel au plan subtil. Comme si on déplaçait le curseur/conscience au long des différents niveaux de l'être.

 

I – Plan matériel :

1 – une posture (conscience d'un corps stable, confortable/exempt de douleurs!),

2 – la conscience de la respiration – Prânayama,

3 – la déconnexion des perceptions des cinq sens du plan matériel – Prathyâhâra,

 II – Puis plan subtil : Samyama.

 

A – focalisation/Dhâranâ sur un seul objet/concept,

B – analyse, discrimination/Dhyâna,

C – fusion avec/Samâdhi.

 

Dès la déconnexion (réussie) des sens, plus aucun contrôle n'est exercé par la conscience sur le corps qui, laissé à lui-même se relâche complètement, s'abandonne à la pesanteur et se retrouve "en vrac" au sol! Rompant là, brutalement dans sa chute, avec toute tentative de méditation!

Le chercheur débutant plein de doutes, de mauvaise conscience, se jugeant incapable, malheureux, épuisé par les reproches qu'il se fait à lui-même, les questions qui se bousculent, les réponses qui ne collent pas… demeure désemparé après de multiples essais tous aussi infructueux et pour cause!

Certains renoncent à persévérer dans la Voie du Yoga, jugeant cette technique inepte, inefficace et s'en vont errer ailleurs multipliant les échecs, alors que tout est dit dans les Yoga-Sûtras! Quand ils sont explicités clairement!

Il arrive de temps en temps qu'Une/qu'Un plus "têtu" abandonne momentanément le combat et reste à plat! Vaincu! en Shavâsana!

La posture de "l'abandon", celui qui est enseigné tout au long des sûtras.

Et Eurêka! L'enchaînement ci-dessus 1-2-3 – A-B-C peut s'accomplir! cela marche!!!

 

Shavasana la posture de l'Abandon suprême

la " posture du cadavre! "

 

            Bien sûr "ce n'est pas vendeur", mais ce n'est pas non plus la préoccupation, pour méditer franchir les plans de conscience jusqu'à l'Emancipation ultime, seul l'Abandon complet sur le plan matériel comme sur le plan subtil demeure la clef qui ouvre toutes les portes, à chaque niveau de conscience.

C'est alors que l'on découvre dans Shavâsana

"la posture stable et confortable" pour cheminer vers l'Indicible.

A plat dos (en décubitus dorsal) Shavâsana porte à l'endormissement les débutants pas encore suffisamment "éveillés" au sens philosophique du terme. Entendre, encore incapables de se concentrer/Dhâranâ.

Ce qui peut expliquer l'enseignement des postures assises, la majorité des adeptes n'étant pas encore capables de dépasser le stade du plan matériel et s'endormant dès que s'installe l'amenuisement de la respiration puis le retrait des sens/Prathyâhâra nécessaires à la pratique de la concentration/Dhâranâ premier stade de Samyama.

Pour l'anecdote, on découvre à travers l'invention des "Gamti", littéralement : caisse –siège, une tentative de réponse aux difficultés rencontrées dans la  méditation assise.

Alexandra David-Neel dans "La puissance du néant" parle de "caisses pour la méditation".

"C'est en effet une sorte de caisse sans couvercle dont trois côtés sont bas et un haut, servant de dossier. Le fond de cette "caisse" peu profonde est garni de coussins. Sur ceux-ci le lama ou le gömpchén s'assoit les jambes croisées. Les rebords de la caisse empêchent d'étendre celles-ci. L'on s'assoit sur ces sièges pendant les périodes consacrées à la méditation".

Donc pas d'effondrement lors de la déconnexion des cinq sens. Le dos est soutenu et les jambes empêchées de se détendre… On peut "tenir" plus longtemps! Mais cela ne doit pas empêcher les ankyloses, les douleurs…

Où est le confort préconisé pour pouvoir détacher l'attention du corps?

 

            Et puis les longues méditations ne sont pas garantes d'efficacité.

            Le cerveau fonctionne par cycles de vingt minutes environ.

Comme on passe dans la méditation au-delà de l'Espace/Temps, on perd conscience de la durée et c'est au "retour" que l'on constate que "ce jour-là" la méditation a duré, une phase, deux, trois phases de vingt minutes…

 

 

"Tenir" longtemps ne signifie rien. Les prises de conscience, l'accès à des connaissances sont "fulgurants" et ce n'est pas en s'acharnant sur la durée, mais sur la qualité de l'état de conscience du moment que l'on obtient les réalisations, les instants indicibles…

 

Ces constatations, observations issues de la pratique, permettent d'ajuster sa démarche et d'obtenir des résultats.

            La pratique de Shavâsana se révèle particulièrement utile pour développer la conscience du corps et le retrait des sens/Prathyâhâra. Quand le corps est tout à fait détendu, la perception du "schéma corporel" au niveau prânique (énergétique/flux vital) se réalise aisément.

Les effets de cette perception développent la conscience (tant au niveau de la structure physique, qu'au niveau psychique) dont l'acuité augmente.

            Acuité qui va servir dans la phase de Samyama jusqu'à l'Abandon final.

 

            ---Voir la suite dans les Notes de la deuxième Partie du livre ---

 

 


Extraits de " Patanjali les Yoga-Sûtras" version en clair - Editions Bénévent – Traduction et commentaires de Sylviane LEGRAND.
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